Le culte de saint Roch à Montpellier

 

Sur le petit thalamus, dans un document intitulé « cérémonial de l’an 1387» l’on trouve«le 16 août est la fête de Mgr Saint-Roch, enfant de Montpellier, et (il) et fondée une chapelle au (Jacobins)» cette annotation a été ajoutée en 1450.

( Jean de la Vergne Évêque de Lodève établit en 1410 une confrérie de Saint Roch. Une autre est créé en 1413 à Clermont-l’Hérault)

Une chapelle lui est dédiée en 1420-21 hors les murs, dans le couvent des Dominicains.

Un acte municipal de 1440 précise que, le 16 août, les consuls se rendent aux Jacobins (Dominicains) tandis que sonnent les cloches de notre Dame des tables.

Le petit thalamus atteste aussi d’une procession en mars 1505, Consuls de la ville et Trinitaires (ordre consacré au rachat des chrétiens pris par les sarrasins) en tête, « et après s’en descendit au couvent des frères prescheurs à l’onneur de Monsieur Saint-Roc où quel est en l’église d’icellui est fondée la chapelle ».

Le 11 août 1613 : les trinitaires d’Arles remettent à ceux de Montpellier une relique de saint Roch.

En 1619 : une chapelle dédiée à saint Roch est érigée dans l’église Saint-Mathieu  occupée par les Dominicains.

En 1629 : pour conjurer une épidémie de peste, un tableau, représentant d’un côté la vierge et saint Louis, de l’autre saint Roch, est placé dans chaque sixain (quartier) de la ville.

En 1640 : la peste est à Montpellier, les consuls prennent l’engagement d’organiser une procession le jour de la fête de saint Roch. La même année, une chapelle de la cathédrale est dédiée à saint Roch.

En 1653 : les Pénitents Blancs se rendent à la cathédrale Saint-Pierre, dans la chapelle dédiée à saint Roch, Montpellier ayant été épargnée de la peste de 1629, puis à l’église Saint-Paul (actuel sanctuaire Saint-Roch) pour vénérer les reliques du saint.

En 1660 : construction d’une chapelle en l’honneur de saint Roch.

En 1661 : le centre du culte de Saint-Roch se déplace dans l’église Notre-Dame-des-tables, siège de la première confrérie (date?) et création d’une confrérie, le marquis de Castries, membre de la famille du saint, et gouverneur de la Ville en est élu prieur.

En 1664 : une terrible peste sévit en Provence, une procession est organisée par les consuls qui renouvellent alors leur vœu de 1640 dans la chapelle de Notre-Dame-des tables, patronne de Montpellier.

En 1720 : lors de la peste de Marseille, des processions eurent lieu pendant 2 mois à Montpellier pour solliciter l’intercession de Saint-Roch. La même année, un document atteste que le bâton de Saint-Roch est  vénéré dans l’église des R.R.P.P. de la Trinité.

– La période révolutionnaire arrête un temps ces manifestations de vénération, elles reprendront épisodiquement lors des grandes épidémies de choléra –

En 1809 : exposition des reliques. Mgr. Fournier autorise la célébration de la fête de saint Roch.

En 1830 : Montpellier fut la seule ville épargnée par la terrible épidémie de choléra, ce qui fit redoubler la ferveur des habitants.

En 1832-35 : le choléra sévit, le clergé encourage la dévotion Saint-Roch et compose un recueil de poèmes.

Le 31 mai 1838 : transfert à Montpellier d’une relique d’Arles (une autre avait été donnée le 11 août 1616), une fête de la susception des reliques est célébrée jusqu’en 1855.

En 1854 : dans le « Messager du Midi », un article paru le 18 août signale la présence de 10 000 personnes dans les rues pour la procession et la distribution d’eau.

En 1855 : construction de l’église Saint-Roch qui ne sera jamais terminée (Abbé Recluz).

En 1856  l’abbé Recluz obtint de Venise un os de la jambe (tibia) de saint Roch. 8 jours de fête marquèrent l’arrivée à Montpellier de la relique qui fut présentée à une commission de vérification comprenant plusieurs professeurs de la faculté de médecine.

En 1871 : une archiconfrérie accueille jusqu’à 1200 membres.

En 1930 : le séminaire prend le nom de « Saint-Roch »

Au XXème siècle : le culte de Saint-Roch à Montpellier devient  plus épisodique. Lors de la deuxième guerre mondiale, la promesse de terminer l’église si Montpellier est épargné n’est pas tenue. Toutefois, la distribution d’eau de la maison Saint-Roch aux pèlerins se perpétue, ainsi qu’une Messe Solennelle et une procession, fervente mais réduite, autour de l’église et ceci jusqu’en 1995

En 1995 : création de l’Association Internationale Saint-Roch de Montpellier ouverte à tous ceux concernés par Roch de Montpellier, quelle que soit leur motivation: pour son message évangélique, l’exemple qu’il est pour l’homme contemporain, la place qu’il a occupé au Moyen Âge, celle qu’il occupe aujourd’hui en tant que saint patron des pèlerins et celle qui lui revient dans sa ville…

Depuis l’année 2000 : c’est une formidable synergie qui est en place, renforcée depuis 2002 par le dynamisme de l’équipe de chrétiens relais du sanctuaire Saint-Roch, qui a installé toute une structure d’accueil et d’information.

En 2004 : le sanctuaire Saint-Roch, lieu de délivrance de la crédence aux pèlerins sur la voie tolosana allant de Rome à Saint-Jacques-de-Compostelle, leur propose aussi un hébergement.

L’Association participe à la création en Italie du comité international de recherches historique et scientifique et met en place des Rencontres Internationales. Elle est force de proposition pour la dénomination de la gare de Montpellier « Saint-Roch ». Elle est l’interface internationale entre les villes, les confréries, les associations et tous groupements s’intéressant au saint montpelliérain.

De nos jours le Sanctuaire Saint-Roch reçoit jusqu’à 800 personnes par jour.

Les fêtes de saint Roch à Montpellier avec le partenariat de la Ville de Montpellier proposent tout un programme cultuel aux pèlerins et visiteurs autour du 16 août et sont souvent liés aux Rencontres Internationales organisées par l’Association : Avec de nombreux partenaires, c’est un grand rassemblement cultuel, culturel et festif ou cérémonies religieuses et processions viennent s’harmoniser à de grands cortèges, des animations, des spectacles, des colloques scientifiques qui attirent des milliers de personnes. C’est aussi le rendez-vous de nombreuses personnalités laïques et religieuses des villes liées à saint Roch, en particulier d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Belgique, du Quebec afin d’élaborer des manifestations communes en l’honneur du saint.

Montpellier est aujourd’hui l’épicentre du rayonnement cultuel et culturel de saint Roch.